M'écrire encore

Ce silence...

Tu vois, ça me fatigue. Ce silence est tellement faible, tellement médiocre. Alors je repense… Je me plonge dans mes souvenirs et je me remémore celui que tu étais… Celle que tu as fait de moi...
"Pleurnicharde"
"Couillonne"
"Gamine"
"Tu te la pètes"
"Oublie !"
"Avance !"
"Grandis, un peu !"
"Tu n’as qu’à en rire" .. quand je tentais de te dire que j’avais mal, putain, papa, d’être la bête noire ! MAL !
"Fais exprès de ne pas le faire !"
"Tais-toi !" ... "Ta gueule !"
...
Pendant longtemps, j’ai revendiqué que tu m’avais donné de bonnes bases. Je crois que je tentais de me convaincre moi-même, pour éviter de souffrir de tout ce que tu ne m’as pas donné !

M’as tu déjà dit que tu étais fier de moi ? Je ne le nierais pas à 100%, mes souvenirs sont fragiles, blessés par trop de retournements, mais je n’en suis tellement pas certaine. Je ne l’ai finalement jamais vraiment ressenti… Quand m’as-tu encouragée, mise en avant ? Je faisais systématiquement tout de travers et ça te faisait rire… Ça, tu l’as fait : rire de moi…

Ma chance aujourd’hui, dans cette souffrance de ne pas réussir à comprendre, c’est de prendre conscience… prendre conscience que ce ne sont pas de bonnes bases, qu’elles sont inscrites en moi comme une ligne de conduite et que donc, je dois prendre du recul, me REMETTRE EN QUESTION, ce processus mental que tu n’as jamais été capable de faire, pour ne pas reproduire ce schéma sur ma fille…

Alors tu vois, cette môme, je lui dis que je l’aime, je lui dit que je suis fière, je l’encourage, je lui demande pardon, je l’écoute, je lui explique, JE L’AIME, en fait… Je crois que c’est ça ta plus grosse carence : l’amour !

Alors tu sais quoi, bien que je te souhaite d’être heureux, j’ai la triste impression que le bonheur, c’est un handicap chez toi. Il y a sans doute de bonnes raisons, des grosses blessures que tu penses panser avec ta rancoeur, mais tu ne comprendras jamais que ça ne suffit pas… Alors voilà : reste avec ta souffrance, merci de m’en épargner, peut-être bien que je suis une pétasse égoïste qui se la raconte, mais au moins je suis moi, et ça, tu ne me le retireras pas !

Je t'... mais je n’arrive toujours pas à l’écrire, parce que ça n’a aucune forme d’importance…